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Concept SUN TSU HUANG-DI

La lutte traditionnelle chinoise ou SHUAI JIAO

Vidéo de démonstration de Shuai Jiao

Les principes de base sont :

*      Déséquilibrer l’adversaire avant de le projeter

*      Rester soi-même en équilibre

*      En haut saisie, en bas balayage

*      Utiliser la force de l’adversaire

*      Les mouvements et les déplacements sont circulaires


        
Le Shuai-Jiao ou lutte chinoise est le premier art martial pratiqué en Chine et son histoire remonte a plus de 5000 ans.

L'HISTOIRE ET LA LEGENDE

  

C'est l'art de la projection et du combat au corps à corps ; les techniques de combat à distance (coups de poing et coups de pied) n'ont été développées qu'ensuite. Le Shuai-jiao est toujours pratiqué par les plus grands maîtres des différents arts martiaux dont il est à l'origine.

Chine, peinture sur soie vers 1752
L'Empereur Qianlong assis préside la cérémonie

L'histoire des arts-martiaux chinois ou Wushu est très ancienne ; ses racines remontent à la plus haute antiquité. Il y a plus de 5000 ans, deux tribus rivales étaient installées le long du fleuve Jaune. L'une était dirigée par le célèbre Huang Di (plus connu sous le nom de l'Empereur Jaune) et l'autre par Zhi You, dont les guerriers avaient la particularité d'être coiffés d'un casque à cornes. Les cornes étaient utilisées lors des combats pour transpercer l'ennemi. Huang Di entraînait ses guerriers à esquiver ces redoutables attaques de cornes, puis à déséquilibrer leurs adversaires. Ainsi, grâce à sa technique, Huang Di vainquit Zhi You et unifia le pays. Depuis cette époque, lors des fêtes, dans une danse traditionnelle, le jiao Dixi, les danseurs imitaient les combats des guerriers. Les uns portaient des casques à cornes, tandis que les autres tentaient d'éviter les attaques en déséquilibrant l'assaillant. C'est la première manifestation en Chine d'un art martial à main nue et qui allait devenir la lutte chinoise.

NAISSANCE DE L'ART MARTIAL
Sous la dynastie des Zhou (-1122/221 av J.C), la lutte chinoise servait à l'entraînement des armées, rôle qu'elle allait garder tout au long de son histoire. Sous la dynastie de Qin (-221/207 av J.C), il devint un divertissement apprécié de l'aristocratie. Un peigne sculpté datant de cette dynastie a été découvert en 1975 dans un tombeau de la province de Hu-Bei. Les premières compétitions eurent lieu au début de l'ère chrétienne. Celles-ci prirent une ampleur extraordinaire à l'époque des Sui (581/868) où elles se déroulaient sur plus d'un mois, en présence de l'Empereur. Les annales de l'époque rapportent que des mandarins, indignés par le faste de ces réunions qui détournaient le peuple de ses activités, en réclamèrent l'interdiction. Mais bien des empereurs se passionnèrent pour l'art de la lutte. Le cas le plus fameux est celui de l'Empereur Zhuangzong de la dynastie Tang (618-907) qui joua et perdit une ville dans un combat contre Li Cunxian grand champion de l'époque.


EVOLUTION.
En arrivant à la période des Song (760-1278) des écrits sont consacrés au Shuai-Jiao avec notamment le "jiaoli ji" (livre de lutte) qui en présente l'histoire, les théories, les techniques et qui est attribué à un certain Diao Luzi. De nombreux autres ouvrages de l'époque le mentionnent tel que le fameux roman "au bord de l'eau". Lors du règne de l'Empereur Wanli (1573) de la dynastie Ming, la grande encyclopédie "Wanbao quanshu" éditée sur ordre impérial lui consacrait une étude. Ce texte passa au Japon où il influença probablement le développement du ju jitsu. A la même époque un expert de shuai-jiao, Chen Yuen Lu, se rendit dans ce pays et enseigna son art à trois disciples, qui par la suite fondèrent chacun leur propre école de Ju Jitsu dont le Kito-ryu, une des sources du judo moderne. Notons que le créateur de l'école Yoshin-ryu, était un médecin japonais qui avait acquis son savoir en Chine.

Ces influences chinoises sur la formation des arts martiaux japonais sont d'ailleurs un fait connu de nombreux pratiquants et historiens et la conséquence du rayonnement culturel de l'Empire du milieu à cette époque. Avec la dynastie des Qing (1644-1911) le Shuai-Jiao devait se structurer en école dont la plus grande fut le "Shangpuying", école rattachée à la cour impériale qui comptait trois cents athlètes se consacrant entièrement à cet art et affrontant régulièrement d'autre équipes de lutteurs, parfois venues de Mongolie. De nos jours le Shuai-jiao est devenu une discipline sportive importante tant en République Populaire de Chine qu'à Taïwan.



Chine, peinture sur soie vers 1752
L'Empereur Qianlong assis préside la cérémonie

 

LES QUALITES MORALES


FONDEMENT DU SHUAI-JIAO
Les fondement de la tactique du Shuai-Jiao sont issus des concepts du Yin et du Yang. L'intérêt de la philosophie taoïste est qu'elle ne retient pas la fixité mais qu'elle revendique le caractère transitoire de toute situation, aussi la seule initiative directe entreprise par un excellent lutteur se fera au moment de la velléité d'une attaque. Toutefois, cette initiative s'exprimera plus volontaire par une attitude et présence mentale particulière que par une action physique traumatisante. La lutte chinoise est donc le reflet de ce jeu dynamique du Yin et du Yang, contraires complémentaires sans cesse en interaction.

INFLUENCE
Le Shuai-Jiao répond aussi à la double influence des philosophies confucianiste et bouddhiste. En Chine, le confucianisme s'est appliqué à résolument caractériser les relations inter-humaines. Ainsi, d'aucuns déclarent, au sein de l'Empire du moment, que la véritable efficacité qui distingue la maître de l'expert est que le maître a su cultiver les cinq vertus traditionnelles confucianistes que sont le : Zhi " la bienveillance",  Li " la sagesse",  Yi " la courtoisie",  Xin " la loyauté et l'honnêteté"; alors que l'expert ne demeure qu'un soldat d'une compétence certes exceptionnelle mais toutefois limité à son domaine de prédilection : le champs de bataille. Quant à la philosophie bouddhiste, elle présente la particularité d'octroyer à l'art martial une dimension spirituelle.

REGARD ACTUEL SUR L'ART MARTIAL
En Chine, l'accomplissement de l'homme, l'harmonie corps-esprit et le respect de l'individu forment une trilogie caractéristique de cette dimension. Le contrôle de soi, l'altruisme, sont alors autant d'éléments importants qui fournissent un ensemble rare et nourrissant la spiritualité d'une pratique martiale. S'acharner des milliers d'heures dans l'optique unique d'une totale efficacité en combat à la fin du XXème siècle tient du domaine de la tromperie. Non que la méthodologie ne soit pas intéressante et utile mais que la finalité soit complètement erronée. Notre époque a plus que jamais besoin de critères de référence en matière d'éducation physique, mentale et psychologique.

COMBATTRE SANS COMBATTRE
L'art martial véritable, savamment dosé, est une valeur sûre pour l'épanouissement de l'individu. Débarrassé de sa connotation superficielle destructrice, il ouvre les portes à un champ de recherches approfondies et illimitées. Un pratiquant qui s'astreint sincèrement à une discipline martiale, doit oeuvrer quotidiennement pour le bien d'autrui. L'efficacité  de l'enseignement qu'il a reçu est à ce prix. Caractériser sa conduite par une attitude d'ouverture, un esprit solidaire et cultiver sa force interne par la rigueur de l'entraînement pour construire un autre soi, meilleur, dénote ce que le anciens nommaient: "l'art de combattre sans combattre."
La lutte chinoise, en tant que dépositaire d'un certain nombre de traditions ancestrales, tente d'apporter à ses adeptes au travers de sa spécificité, l'essentiel de ces éléments qualitatifs fondamentaux.

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